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La linguistique : notes de cours (travail collectif)
La linguistique
La grammaire

Abrégé historique
    Ferdinand de Saussure
    Les structuralistes
    Les générativistes
    Comparaison entre Chomsky et Saussure
    Schéma de la communication
    La pragmatique, origine de notre enseignement
    La pragmatique
    Les ruptures dans l'enseignement de la langue
 


La linguistique :

-         Science qui étudie la langue telle qu’elle est

-         Les linguistes ne sont ni préoccupés par la norme, ni par le bon usage (auteur classique)

 La Grammaire :

-         C’est le bon usage

-         Elle est :

o       Normative : conforme à la norme, bon usage (auteur classique)

o       Prescriptive : règles qui permettent de distinguer bons et mauvais usages.  Prescription d’usages à suivre via des règles.

o       Curative : vient de curare : soigner.  Elle permet de respecter le bon usage en empêchant les tournures erronées.

La grammaire fonctionnelle émane toujours d’une école de la linguistique.  Pour comprendre où on va, il faut savoir d’où on vient.  Il faut une connaissance des a priori théorique pour comprendre le nouveau programme et pour créer.

Abrégé historique

La linguistique est historique et comparée, on se préoccupe de comparer des états anciens de langues différentes.  On établit des familles de langues : mêmes origines (ex : les langues germaniques, slaves, romanes…).  Elles remontent à un étymon commun : le sanskrit (les langues indo-européennes).  Les notions de linguistique et de grammaire se confondent encore.   

La langue n’est pas étudiée pour elle-même, elle s’étudie pour sa culture, sa littérature…

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 Ferdinand de Saussure

F. de Saussure (début 20ème - 1920), professeur de l’université de Genève qui a été publié par deux de ses élèves. 

Il révolutionne les études de linguistique en définissant la langue comme une structure, comme un ensemble d’éléments interdépendants.   Il pratique une série de dichotomies (2 aspects indissociables d’une réalité mais qui s’opposent), les dichotomies « Saussurienne ». 

Remarque :

-         Métalangue : langue propre à une discipline.

-         On ne peut définir un élément de la langue que par rapport à un autre élément de la langue car la langue est un système, une structure.

Les dichotomies « Saussurienne » :

L’axe synchronique et l’axe diachronique ; le code oral et le code écrit ; l’axe paradigmatique et l’axe syntagmatique ; la langue et la parole ; la langue et la langage.  Mais la liste de ces dichotomies n’est pas exhaustive, c’est un des principes de base de Saussure.

1 – Axe synchronique – Axe diachronique
Le principe d’immanence du Saussure :
La langue doit être étudiée en elle-même, par elle-même et pour elle-même.

-         En elle-même : on étudie la langue pour la langue, sur l’axe synchronique (avec le temps, à un moment de son histoire sans se préoccuper de l’évolution) et l’axe diachronique (pour le temps, avec une étude de l’histoire).

-         Par elle-même : on étudie la langue avec la langue.

-         Pour elle-même : objet et outil d’approche de la linguistique se confondent d’où il y a une ambiguïté.

2 - Le code oral – le code écrit
Le code oral : l’oral n’est pas pris en compte par la grammaire, il est seulement pris en compte par la linguistique.
Le code écrit : la norme, la grammaire. 
Deux manières de s’exprimer très différentes, pour Saussure, l’oral est plus important, il faut lui donner la primauté.  Les études de linguistiques ne concernent que la langue orale.

3 - Axe syntagmatique – Axe paradigmatique
Axe syntagmatique : axe de la chaîne parlée (axe linéaire).  Tous les éléments qui commutent ensemble en un même point de l’axe syntagmatique font partie de la même classe grammaticale.  On peut donc dire qu’une classe grammaticale est éphémère. 

Exemple :

            Les                  Enfants Jouent             à  axe syntagmatique

            Des     

            Deux

            Plusieurs

            Ces

            …. à axe paradigmatique, liste non exhaustive – Classe des déterminants du nom

4 – La langue – La parole
La parole actualise le code, elle fait passer la langue de l’état virtuel (le code) à l’état réel (la parole).  La langue : code, structure d’éléments interdépendants.  Réservoir de structures grammaticales dans lequel on va puiser quand quelqu’un veut poser acte de parole.

5 – Le langage – La langue
Le langage, c’est la faculté qu’à l’individu d’exprimer ses idées, ses sentiments à travers un code qui est la langue.

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Structuralisme

Saussure est le père du structuralisme, attention, il existe autant de structuralistes que de structuralismes.  Les structuralistes arrivent donc après Saussure.  Ils décrivent la langue et la classent selon divers paramètres = Taxinomie.  C’est l’objectif des structuralistes.  Ils éjectent le sens (trop subjectif) de leurs travaux.

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Générativistes

Après les structuralistes, viennent les générativistes (l’initiateur est Chomsky), et la grammaire (modèle de la compétence du sujet parlant) générative transformationnelle (GGT).

Leurs objectifs sont différents des précédents, ils veulent expliquer le fonctionnement de la langue, celui-ci repose sur 2 fondements.

Les deux fondements de la langue :

1 – Régularité des langues – Universaux de langage :
Il n’y a pas de prédisposition à une langue ou à une autre, l’enfant est capable de créer la grammaire, chaque individu a une connaissance innée des structures grammaticales (structure mentale universelle qui lui permet de créer la langue, le système linguistique dans lequel il se trouve).

-         Toutes les langues ont des lois communes et universelles, les UNIVERSAUX DE LANGAGE.

-         Toutes les langues sont systématiques même si différentes, il n’y a pas de langues pauvres, pas de langues riches. 

-         Les langues sont en rapport avec la culture mais toutes répondent à un principe d’organisation rigoureux et semblent posséder des principes universels.

-         Tous les hommes ont la faculté innée du langage, les hommes possèdent dans le cerveau des structures mentales universelles de la langue qui leur permettent de construire le système linguistique particulier dans lequel ils se trouvent.

-         Il n’y a là aucun lien avec l’intelligence, en effet, un singe a le niveau intellectuel d’un enfant de 4 ans et ne parle pas alors que les personnes atteintes de crétinismes, parlent avec un niveau intellectuel plus bas que celui d’un enfant de 4 ans.

2 - Différence entre compétence et performance 
Compétence : connaissance implicite de la langue.  Le sujet parlant est capable de distinguer le sens du non-sens, de former des phrases compréhensives, de comprendre ce qu’il n’a jamais entendu et de prononcer des phrases qu’il n’avait jamais prononcées. 

La compétence est un mécanisme fini qui est capable d’engendrer un nombre infini de phrases.  Le SP est créateur, mais cette créativité est gouvernée par les règles.

Performance : utilisation réelle que l’on fait de la compétence.  Attention, la distraction, la fatigue, le niveau culturel modifient la performance.  Le SP est créateur, mais ici on peut trouver un autre type de créativité : celle qui n’est pas gouvernée par les règles et qui intervient dans tous les emplois ludiques de la langue (la poésie, les jeux de mots…).

Chomsky va rendre explicite cette grammaire implicite que possède le sujet parlant, il essaie de théoriser ce mécanisme implicite.  Il ne s’occupe pas de la performance.  Il veut créer un modèle de la compétence du sujet parlant..

Parler, ce n’est pas reproduire des schémas, c’est le mécanisme créateur chez Chomsky.  Le sujet parlant peut construire des phrases qu’il n’a jamais construites, il peut comprendre des phrases qu’il n’a jamais entendues.

Règles de réécritures

Règles « lexicales » de sous-catégorisation

Règles « d’insertion lexicale »

 

ß

Structure profonde

 

ß

Transformation

 

ß

Structure de surface

La phrase n’est pas un objet d’étude mais un objet à construire.

Le générativisme est une théorie purement abstraite.  Les générativistes proposent une théorie qui permet d’engendrer des phrases grammaticales et de rejeter les phrases agrammaticales. 

La grammaire comme on l’enseigne encore à l’école, malgré le nouveau programme intégré qui est basé sur la pragmatique, vient de la grammaire générative.

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Comparaison entre Chomsky et Saussure

Saussure

Chomsky

- Langue / Parole

- Compétence /Performance

- Le sujet parlant  n’a pas de pouvoir sur la langue

- Le sujet parlant a la compétence de produire des discours

- Unité de base = mot

- Unité de base = phrase

 

Remarque : le sujet parlant n’a aucune réalité, c’est un archétype, c’est un sujet parlant idéal.

 

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Schéma de la communication

Lyons a imaginé un schéma de la communication.

                                  

 

A (locuteur)                 Û                   B (interlocuteur)

                       Canal de la communication (Air)

                                              A   B

 

                                       y      x       z

 -         A et B en tant qu’émetteur et récepteur sont interchangeables

-         Il faut que A et B aient une partie du code en commun.

-         x, y, z : référents situationnels (+/- contexte)

-                il y a des bruits qui font perdre du sens à redondance (ex : nous parlons)

C’est un schéma emprunté à Bell (téléphone), schéma linéaire où A et B sont les bornes.

Remarque : la sémiologie : c’est une science qui étudie tous les moyens de communication entre hommes et entre les animaux.  Ex : langage sourd et muet, les dauphins, code de la route…  Donc la linguistique appartient à la sémiologie.

Ce schéma sera modifié fin des années 70 grâce aux travaux du Collège invisible de Palo-Alto (ils forment un groupe cohérent mais ne travaillent pas ensemble dans un même endroit…) qui intègre les travaux de l’ingénieur Wiener sur la cybernétique (régulation des processus) : cela se traduira par la notion de rétro-action (fees-back), le schéma devient donc circulaire et la définition de la communication se modifieet devient : la communication est un processus social permanent intégrant divers modes de comportement tels que la mimique, les gestes, l’intonation, la position du corps…donc on ne peut pas ne pas communiquer.  La communication n’a pas de fin, la communication n’est pas bornée.  La communication n’est pas quelques chose de sûr.

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La pragmatique est à l’origine de ce que l’on devra enseigner

L’école du fondement

3 ans à 14 ans : de la maternelle jusqu’à la fin du premier cycle des secondaires. 

Elle est organisée en cycle, les personnes qui créent le programme du primaire et du premier cycle de secondaire sont les mêmes de manière à garder une cohérence.

Notre programme intégré vient de la pragmatique qui en plus d’être une linguistique est une philosophie. 

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La pragmatique

Parler, c’est agir !  C’est faire aboutir une intention. 

La pragmatique vient du grec, pragma qui signifie l’action.  Issue de la linguistique de l’énonciation de Bemeniste.

Pour les pragmaticiens :

-         parler signifie agir, faire aboutir une intention,

-         communiquer signifie faire aboutir des intentions.

- Exemple 1 : je viendrai demain

On comprend chaque mot mais on ne peut pourtant pas comprendre la phrase.  En effet, on ne sait pas quand cette phrase à été écrite, on ne sait pas par qui, ni avec quelle intention…

Une même structure grammaticale véhicule plusieurs énoncés, la promesse, la menace…selon l’intention de communication qui est manifestée.

- Exemple 2 : le roi est mort, vive le roi.

Niveau linguistique : un roi ou deux rois ?

Niveau sémantique : sens, contexte.  On sait que Louis XIV vient de mourir et que Louis XV est proclamé roi.

Niveau sens complet : intention de la communication, la royauté continue, l’intention de communication est compressé : il s’agit de proclamer la continuité du régime monarchique.  Le sens complet est au-delà de la phrase, dans l’énoncé, qui implique, encore une fois, de connaître l’intention de communication.

Un énoncé est un acte unique posé par un individu lorsqu’il veut faire passer, aboutir une intention de communication.  Parler, c’est agir, faire aboutir des intentions.

Les conditions d’énonciation :

-         l’intention du sujet parlant

-         l’histoire du sujet parlant

-         le contexte (situation de communication)

-         le cotexte (contexte linguistique)

La pragmatique s’oppose donc aux structuralistes aux générativistes en ce qu’elle se centre sur le SP. 

La langue n’est pas transparente.  Chaque énoncé prend son sens suivant les conditions d’énonciation.  On construit le sens en interaction (locuteur – interlocuteur).

On pratique l’inférence, on fait des hypothèses.

Ex : Tu as de l’argent ?

Cette phrase n’a pas le même sens si c’est le fils ou le père qui la prononce.

Le code n’est donc pas transparent,

Le message n’est pas linéaire,

La phrase : c’est un cadre étroit, une structure grammaticale peut rendre compte d’énoncés différents,

L’énoncé : cadre plus vaste, il demande les conditions d’énonciation, il est porteur du sens.

Attention, il ne faut pas confondre phrase et énoncé.

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Les ruptures dans la manière d’envisager l’enseignement de la langue

Les pragmaticiens opèrent six ruptures principales avec les autres tendances.

1 – introduction du sujet parlant
Avant : abstrait, référent théorique (Saussure, structuralistes, Chomsky).

Ici : tout est centré sur le sujet parlant (point de vue personnel, de son histoire, de ses intentions).  Faire aboutir une communication, la langue est l’outil de la communication.

2 – La langue n’est plus étudiée pour elle-même, mais comme outil de communication (principe d’immanence)
Faire de la grammaire, c’est comprendre comment l’enfant construit son moi.  La construction du moi se traduit par la langue.  Comment l’enfant entre en relation avec le monde.  La façon dont on découvre le monde a un rapport avec la langue. 

Apprendre une langue, c’est apprendre à parler , apprendre une culture, des expressions…

Avant, c’était apprendre des structures, des règles grammaticales.

3 – La grammaire = Un moyen de communication
On étudie plus la grammaire pour la grammaire mais bien pour comprendre et pour être capable de communiquer.

4 – Faire de la grammaire = Faire du sens
Le grammairien c’est celui qui comprend comment l’enfant entre en relation avec le monde.

Il faut construire les étiquettes avec les enfants.  Aller du concret vers l’abstrait.  Le professeur doit avoir une formation pointue en grammaire pour être tout le temps opérationnel et ne plus donner des « leçons de grammaires » dont l’objectif est la grammaire et non la communication.

5 – Introduction du contexte et du cotexte
Pour faire du sens, il faut travailler sur des textes, pas sur des phrases (cotexte) et dans des situations de vie (contexte)

6 – L’apprentissage ne peut être un conditionnement mais bien une socialisation
On apprend ensemble et chacun tire le meilleur de l’autre. 


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